Une nouvelle pause littéraire dans le Yellow Cab 🚖
Cette fois, ce n’est pas n’importe quelle lecture : découvrez Les tasses, toilettes publiques, affaires privées de Marc Martin, un ouvrage qui vous plonge dans l’univers insolite des toilettes publiques. Entre ces murs, des hommes en quête d’aventures éphémères, dans la promiscuité des urinoirs, s’observent, se frôlent, et finissent par se soulager, au sens propre comme au figuré.
Un livre à ne pas manquer, agrémenté de magnifiques clichés photographiques.
Il rejoint désormais la bibliothèque éclectique du Yellow Cab🚖
📜 Les Tasses - toilettes publiques, affaires privées - Marc Martin
Résumé : Dans le placard de la belle Histoire, les tasses font tache
Dans l’argot du siècle dernier, « la tasse » désignait la vespasienne. Érigées dans l’espace public à l’ère de l’hygiénisme, ces installations devaient répondre aux besoins naturels de la population masculine. Mais en privé, elles ont aussi comblé un besoin social : des hommes en quête d’identité y ont posé les premières pierres d’un vivre-ensemble audacieux.
Pourtant, l’Histoire semble avoir retenu des vespasiennes une vision pessimiste, presque exclusive. Les témoignages recueillis, tout comme mon propre vécu, m’ont inspiré l’envie d’apporter un éclairage complémentaire. Les activités détournées qui s’y déroulaient ont en effet marqué davantage les registres de la police des mœurs que les pages de la littérature. Associées à la honte plus qu’à la fierté, même au sein de la communauté homosexuelle, ces pratiques ont souvent été réduites à leur dimension transgressive.
Et pourtant… Ces édifices, théâtres d’aventures pour des gays, travestis, prostitués ou libertaires, offraient une liberté rare, affranchie de tout enjeu économique. Lieu de passage et de sociabilité atypique, les vespasiennes voyaient s’estomper les frontières des classes sociales, se mélanger les cultures. Dans ces précieuses cabines, des relations se nouaient, des amitiés naissaient…
On a souvent traité ces hommes de lâches, qualifiant leurs rencontres de sordides. Mais n’ont-ils pas, dans un milieu hostile à la diversité, bravé les interdits ? N’ont-ils pas, pendant plus d’un siècle, affronté des plaisirs défendus par la loi ? Je souhaite qu’on leur reconnaisse enfin un certain courage. Je veux rendre à ces lieux, qui ont abrité tant de frissons, leur part troublante de sensualité.
Aujourd’hui, pour exposer ce qui semble indigne de l’être, des historiens, chercheurs, sociologues, écrivains, critiques d’art et amateurs m’ont rejoint. Ensemble, nous retraçons le parcours épique des vespasiennes. Au-delà des histoires de mœurs, on découvre qu’elles furent à Paris un lieu d’échange et de rendez-vous pendant la Résistance, qu’elles se sont immiscées dans l’affaire Dreyfus, ou encore qu’elles ont permis aux féministes de faire entendre leurs premières revendications.
« Les tasses, toilettes publiques – affaires privées » explore ainsi la question de l’altérité dans la ville et ouvre des perspectives inattendues : l’épanouissement identitaire en résonance avec l’émancipation collective.
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